Bannir, chasser, expulser, repousser, proscrire...
S'il est une vertu fortement attachée à ce nouvel objet contemporain dont les formes et les matériaux s'inspirent plus de la herse et du bouclier laissé là, à la disposition de quelques populations assiégées, elle est à trouver dans l'exercice de pédagogie auquel se sont livrés les concepteurs de la chose pour que l'urbain ne perde pas de vue (si je puis dire) le sens de l'homophonie.
Sans dossier ni accoudoir, une assise basse, si basse, séparé en son milieu par une poignée qui n'a rien d'amour, ce banc met au ban la détente, l'enlacement, le relâchement, le relever facile et sans douleur, l'allongement, en un mot (enfin, deux) le bien-être et le repos.
Voilà qui n'est pas banal, mais bancal, assurément ; le progrès ne connaît pas de limite, le modernisme non plus. Ce banc est conforme aux normes actuelles de l'architecture et du design, il met en scène l'inhospitalité ; plus qu'un paradoxe pour celui qui se doit d'accueillir nos séants avec bienséance.
Vieux, fatigués, sans domicile, amoureux éperdus, vertébrés douloureux, contemplatifs du temps qui passe, passez votre chemin... Il y a des bancs qu'il faut mettre au ban...







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