Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 11:00

Bannir, chasser, expulser, repousser, proscrire...

 

S'il est une vertu  fortement attachée à ce nouvel objet contemporain dont les formes et les matériaux s'inspirent plus de la herse et du bouclier laissé là, à la disposition de quelques populations assiégées, elle est à trouver dans l'exercice de pédagogie auquel se sont livrés les concepteurs de la chose pour que l'urbain ne perde pas de vue (si je puis dire) le sens de l'homophonie.

 

Sans dossier ni accoudoir, une assise basse, si basse, séparé en son milieu par une poignée qui n'a rien d'amour, ce banc met au ban la détente, l'enlacement, le relâchement, le relever facile et sans douleur, l'allongement, en un mot (enfin, deux) le bien-être et le repos.

 

Voilà qui n'est pas banal, mais bancal, assurément ; le progrès ne connaît pas de limite, le modernisme non plus.  Ce banc est conforme aux normes actuelles de l'architecture et du design, il met en scène l'inhospitalité  ; plus qu'un paradoxe pour celui qui se doit d'accueillir nos séants avec bienséance.

 

Vieux, fatigués, sans domicile, amoureux éperdus, vertébrés douloureux, contemplatifs du temps qui passe, passez votre chemin... Il y a des bancs qu'il faut mettre au ban...


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Pavillon Baltard

En référence à "La bataille de Paris", titre d'un livre d'André Fermigier paru en 1991.
Plus qu'un recueil d'articles publiés dans l'Observateur et dans Le Monde, de 1967 à 1985, "La bataille de Paris" exprime le combat d'André fermigier pour une architecture et un urbanisme qui respecte l'identité en mouvement parisienne, loin des conservatismes patrimoniaux et du modernisme idéologique dont il avait compris qu'il séparerait Paris de sa population ouvrière...
Cet ilôt de publication se donne pour ambition folle et inatteignable de mettre ses pas dans ceux laissés par le critique d'art et d'architecture ; à tout le moins d'emprunter les mêmes chemins, ceux de la conviction, de la critique et de la passion, en dehors de ceux du conformisme et de l'académisme institutionnel, ceux qui conduisent à veiller à ce que Paris reste une ville pour tous...
(sept. 2009)
 
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